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12 05 2016

WELFARM à l’Assemblée Nationale pour présenter ses exigences en matière d’abattage


Ghislain Zuccolo, directeur général de l’association WELFARM, s’est rendu hier à l’Assemblée Nationale pour présenter les exigences de l’association auprès de la Commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs.

 

Étourdissement systématique, formation des personnels, installation d’une vidéosurveillance… Les revendications de WELFARM en matière d’abattage sont nombreuses et l’association a pu s’exprimer mercredi 11 mai sur ce sujet auprès de la Commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs.

Vous avez manqué l’intervention de Ghislain Zuccolo sur LCP ? WELFARM a sélectionné pour vous les points-clés de cette intervention, en vidéos et en lettres.

Les exigences de WELFARM en matière d’étourdissement

L’étourdissement systématique doit être une obligation sans dérogation possible, comme c’est le cas dans certains pays européens. Par ailleurs, lorsqu’il y a un doute sur l’efficacité de l’étourdissement, il doit toujours bénéficier aux animaux et un second étourdissement doit alors être effectué. En outre, Le matériel destiné à la mise à mort des animaux et à leur étourdissement devrait être homologué afin de garantir la fiabilité des appareils.

Il est nécessaire que des travaux de recherche soient conduits afin de clarifier les indicateurs de perte de conscience.

Formation du personnel d’abattoir pour éviter les mauvaises pratiques

Les abatteurs doivent être mieux formés et une reconnaissance doit être accordée à leur métier. A l’heure actuelle, ils n’ont pas de véritable formation initiale alors qu’il nous semble nécessaire que ceux-ci aient une bonne connaissance de l’animal ainsi que des notions de base en éthologie pour exercer correctement leur métier. En outre, il est nécessaire de définir les qualités requises sur le plan du savoir-être pour devenir abatteur (calme, patience, valeurs morales, etc.).

De plus, les bonnes pratiques doivent être rappelées sur le lieu de travail, par exemple via des affiches.

Vidéosurveillance et cadence d’abattage

WELFARM demande aussi une généralisation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, comme outil de contrôle, mais également comme outil de formation.

Les cadences d’abattage observées aujourd’hui portent préjudice au respect des animaux à l’abattoir. Des cadences d’abattage maximales devraient être définies au niveau européen afin de permettre une meilleure prise en compte des animaux dans le processus d’abattage.

Les exigences en matière de protection animale lors de l’abattage dans les filières bio et dans les labels de qualité doivent être renforcées.

Les inspections dans les abattoirs doivent être plus rigoureuses et renforcées, ainsi que les sanctions liées aux actes de maltraitance avérés.

 

De façon générale, il faut que l’organisation et le travail en abattoir reposent également sur une approche éthologique. En effet, l’animal a sa propre perception de l’environnement, et il faut en tenir compte dans la conception des abattoirs. Trop souvent, seul le processus d’abattage est considéré, et les autres étapes traversées par l’animal à l’abattoir sont oubliées.

WELFARM demande à ce que les comportements naturels des animaux soient aussi pris en compte sur le lieu d’arrivée des animaux et lors du trajet jusqu'au poste d'abattage.

Les mesures suivantes sont nécessaires pour limiter les interventions de l’homme sur l’animal, le recours à des interventions douloureuses, et les accidents :

  • Les quais de déchargement et les conditions d’attente des animaux doivent être améliorées : les animaux de différents lots ne doivent pas être mélangés afin d’éviter les interactions agressives et ils doivent tous pouvoir se coucher.
  • Les couloirs d’amenée au poste d’abattage doivent être incurvés afin de favoriser des mouvements fluides et calmes des animaux : en effet, un animal ne se dirige jamais vers une impasse et n’aime pas les angles droits.
  • Des phéromones peuvent être diffusés dans les abattoirs pour apaiser les animaux stressés. Cette méthode est déjà utilisée dans certains élevages et par certains transporteurs, mais jamais en abattoir.
  • Enfin, les besoins spécifiques à chaque animal doivent être pris en compte. Par exemple, pour les porcs, il faut prévoir des brumisateurs lors du temps d’attente, afin de leur éviter des coups de chaleur. En effet, le porc ne transpire pas, il est donc très sensible à la chaleur.

 

Enfin, nous avons constaté des pratiques insoutenables concernant certaines espèces. Par exemple, il est actuellement possible de transporter des bovins à l’abattoir jusqu’aux 10 derniers pourcents de la durée de gestation. Lors de la mise à mort de la mère, le fœtus meurt ainsi étouffé dans le ventre. L’abattage d’animaux prêts à mettre bas nous semble donc scandaleux.

De plus, les poules de batterie réformées ne devraient plus être transportées sur de longues distances avant d'être abattues.

Nous espérons que la Commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs a bien pris en compte ces revendications et que ces dernières seront suivies de mesures concrètes.