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17 07 2019

Ceta, accord UE-Mercosur : attention danger !


Ces traités de libre-échange ne contiennent aucune mesure de protection animale.

 

 

Mercredi 17 juillet, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (le Ceta) sera examiné à l'Assemblée nationale après des années de discussions. Il en sera probablement de même dans les prochains mois pour l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Amérique du Sud (Mercosur). Impact sur l’environnement, questionnement quant aux conséquences de certains produits sur la santé humaine… Ces traités font l’objet de nombreuses critiques. Mais qu’en est-il du bien-être animal ? WELFARM répond aux principales questions que vous vous posez sur ces accords internationaux et vous explique pourquoi ils sont dangereux.

CETA- accord UE-MERCOSUR : de quoi s’agit-il concrètement ?

Ces traités internationaux visent à faciliter les échanges entre l’Union européenne et le Canada d’une part (Ceta) et avec l’Amérique du Sud d’autre part (Mercosur). En résumé, il s’agit de supprimer les droits de douane sur un quota de marchandises… Produits d’origine animale et viandes compris. Par exemple, lorsque le Ceta sera pleinement appliqué, plus de 92% des droits de douane entre le Canada et l’Europe seront supprimés.

Quels sont les conséquences de ces traités pour les animaux ?

Elles peuvent être dramatiques ! En effet, l’Union européenne n’impose ses normes de bien-être animal aux importations qu’en matière d’abattage. En signant ces traités, l’Europe ouvre son marché aux produits d’origine animale en provenance du continent américain, quelles que soient les conditions d’élevage ou de transport que les animaux ont subis ! Nous allons donc ouvrir nos portes à des produits laitiers, de la viande, du poisson produits dans des conditions ne respectant pas les normes minimales européennes de protection animale qui sont pourtant déjà bien faibles…

Les conditions d’élevage des animaux en Amérique sont-elles vraiment pires qu’en Europe ?

Le problème principal de ces traités, c’est qu’ils autorisent tout : quelles que soit les conditions de vie des animaux, leur chair ou leur lait pourront être exportés sans droits de douane (ou en payant des droits de douane moindre). Or, nous savons déjà qu’un certain nombre de productions outre Atlantique posent des problèmes majeurs en matière de bien-être animal :

  • les fermes-usines sont extrêmement nombreuses en Amérique du Nord et elles tendent à se développer de plus en plus en Amérique du Sud. Au Canada, une exploitation détient en moyenne 1 200 « vaches à viande », alors qu’en France, 73 % des exploitations possèdent moins de 100 animaux. Au Brésil, les « feedlots » (parcs d’engraissement) se développent et sont en grande partie responsables de la déforestation de la forêt amazonienne. Pour rappel, le Brésil est actuellement le premier exportateur de viande bovine dans le monde et sa position sera renforcée avec l’entrée en vigueur de tels traités ;
  • plusieurs pratiques extrêmement préjudiciables aux animaux sont autorisées sur le continent américain, alors qu’elles sont interdites en Europe. C’est le cas notamment de la coupe de la queue des bovins ou du confinement des truies dans des périodes plus longues qu’en Europe. Au Canada, les veaux peuvent même légalement passer leur courte vie isolés dans des boxes… L’utilisation d’antibiotiques comme accélérateur de croissance est également une pratique courante au Canada, alors qu’elle est interdite en France ;
  • les conditions de transport en Amérique sont catastrophiques. Quasiment aucune réglementation ne limite la durée des transports ou n’impose des conditions d’abreuvement, des temps de pause ou de nourrissage des animaux.

De gros volumes de viande sont-ils concernés ?

Sur le papier oui. Pour prendre un exemple, actuellement, il existe très peu de viande bovine canadienne exonérée de droits de douane. Or, avec le Ceta, jusqu’à 50 000 tonnes de viande peuvent être exporté vers l’UE à taux zéro ! Notons toutefois que si la protection des animaux est la grande absente des traités, il existe heureusement quelques contraintes sanitaires limitant les risques. Ainsi, seules 36 exploitations canadiennes sur les 75 000 que comporte le pays répondent actuellement aux normes sanitaires européennes pour l’exportation (normes qui prohibent notamment l’utilisation des hormones de croissance). Nous ne nous attendons donc pas à une invasion de la viande bovine canadienne en France d’ici à quelques mois. En revanche, l’entrée en vigueur de ces traités vise à libéraliser dangereusement le marché et laisse présager du pire pour les années à venir. Surtout si le Canada prend la décision de moins recourir à l’utilisation d’hormones de croissance, afin d’avoir libre accès au marché européen.

Y a-t-il une production pour laquelle il faut être particulièrement inquiet ?

Il est toujours difficile de hiérarchiser la souffrance animale, mais les conditions de vie des chevaux en Amérique sont particulièrement inadmissibles. Nous avons révélé à plusieurs reprises, grâce à nos associations partenaires Tierschutzbund Zürich (TSB) et Animal Welfare Foundation (AWF), des vidéos filmées au sein de centres d’engraissement, de rassemblement ou d’abattoirs d’Argentine, d’Uruguay et du Canada : des poulains morts dans les enclos, des juments avortant sans le moindre soin, des chevaux agonisant aux portes des abattoirs. Or, près de 80 % de la viande chevaline vendue dans les supermarchés français proviennent déjà d’Amérique, sans aucune obligation d’étiquetage. La signature de ces traités risque encore d’aggraver la situation.

Comment agir à titre individuel ?

Pour tout un chacun, il semble extrêmement difficile de s’opposer à ces accords d’envergure internationale, tant les enjeux paraissent démesurés et inaccessibles à nous, citoyens. Et pourtant, nous allons retrouver ces produits dans les menus de nos cantines et, dans une moindre mesure, sur les étals de nos supermarchés. Ces traités vont avoir un impact direct sur la vie de millions d’animaux ! C’est pourquoi il est important de se mobiliser et de continuer à se tenir informé. Filière par filière, il est possible d’agir. Nous vous proposons, par exemple, de contacter dès aujourd’hui les enseignes de la grande distribution, ainsi que les boucheries chevalines, pour leur demander de cesser de s’approvisionner en viande de cheval en provenance d’Amérique.

Toutes les informations sur notre site alerteviandechevaline.fr