Fermes-usines de saumons : Welfarm et Seastemik à Paris pour porter leur demande de moratoire

Welfarm et Seastemik organisent une action à proximité de l’Assemblée nationale pour interpeller les parlementaires et les sensibiliser aux problématiques posées par trois projets d’élevages hyper-intensifs de saumons qui menacent de voir le jour en France.

Mardi 21 mai, à l’occasion de la Journée mondiale des poissons migrateurs, Welfarm et l’association de protection des océans Seastemik unissent leurs forces pour porter leur demande de moratoire sur les élevages de saumons en circuits recirculés (RAS) auprès des parlementaires.

Les deux organisations tiendront un stand d’information à destination des députés et sénateurs Place Vauban, dans le 7e arrondissement de Paris (métro École militaire), de 11 heures à 16 heures.

L’objectif est de remettre aux députés et sénateurs un rapport conjoint au sujet des élevages piscicoles en circuit fermé et de leur proposer d’en savoir plus sur trois projets de fermes-usines de saumons à l’étude en France.

Le rapport de Welfarm et Seastemik a pour but d’alerter sur la production intensive de saumons, dominée par une poignée de multinationales, et qui connaît depuis quelques décennies une hyper-croissance à l’échelle mondiale. Les pratiques d’élevage intensif, notamment dans les élevages en RAS engendrent des conséquences désastreuses : maltraitances animales, pollution des écosystèmes, émissions de gaz à effet de serre, déséquilibres écologiques, pillage des ressources des pays du Sud et aggravation de la surpêche.

Pétition en ligne et demande de moratoire

Welfarm et Seastemik demandent un moratoire sur l’autorisation de nouveaux élevages de poissons, crustacés et céphalopodes destinés à la consommation, dans lesquels la totalité du grossissement est effectuée en installation aquacole à système de recirculation en circuit fermé. Une telle politique pourrait favoriser un meilleur respect du bien-être animal et permettre d’aligner l’aquaculture française sur les objectifs de développement durable et de transition climatique.

Une pétition est en ligne pour soutenir cette demande, qui a déjà recueilli plus de 43 000 signatures depuis le lancement de la campagne « RAS : Tout à signaler », le 2 avril dernier.

Le « RAS », qu’est-ce que c’est ?

La pisciculture exclusivement en RAS est un mode de production intensif qui pose de nombreux problèmes en matière de bien-être animal et d’environnement.

L’acronyme RAS signifie « Recirculating Aquaculture Systems ». En français on parle aussi de systèmes recirculés ou de circuits fermés – par opposition aux circuits ouverts. Le terme « recirculation » signifie qu’une proportion plus ou moins grande de l’eau est recyclée au sein de l’élevage : l’eau qui sort du circuit est récupérée, subit divers procédés d’assainissement, puis est réinjectée dans l’élevage.

Les trois projets auxquels Welfarm et Seastemik s’opposent représentent une production prévisionnelle de 27 000 tonnes de saumons par an dans des bassins terrestres surpeuplés. À titre de comparaison, la production piscicole française, toutes espèces confondues, s’élevait en 2020 à 46 700 tonnes !