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12 08 2020

Castration à vif des porcelets en élevage bio : le Gouvernement doit agir


Interdite par le Règlement européen bio, cette pratique - pourtant sans risques - permettrait d'épargner aux porcelets de grandes souffrances.

 

 

Alors qu’elle sera interdite pour tous les systèmes d’élevage en 2022, la castration à vif des porcelets est encore réalisée de manière extrêmement majoritaire aujourd’hui dans les élevages bio français… Pourtant, cette mutilation, contraire au principe de durabilité de l’Agriculture biologique, fait souffrir de manière importante les animaux au moment de l’acte et dans les jours qui suivent.

Le bio à la traîne 

La castration à vif des porcelets en élevage biologique est une pratique d’autant plus inadmissible que ce signe de qualité se veut garant de meilleures conditions d’élevage des animaux… et les consommateurs ne s’y trompent pas ! Interrogés à ce sujet, 80 % des Français estiment d’ailleurs que les mutilations sur les animaux devraient être interdites en élevage biologique (sondage Ifop pour Welfarm, 2019). Or, alors que de plus en plus d’élevages intensifs français tournent le dos à la castration sans anesthésie, les élevages bio accusent toujours un retard considérable et peinent à développer les alternatives à cette mutilation réalisée encore aujourd’hui pour prévenir un potentiel problème d’odeur à la cuisson de la viande de certains porcs non castrés.

L’urgence d’autoriser l’immunocastration en bio

Alors pourquoi les élevages bio échouent là où les élevages conventionnels progressent ? L’un des freins au développement des alternatives à la castration physique est l’interdiction, en bio, de l’immunocastration, un procédé médicamenteux fonctionnant sur le même principe qu’un vaccin et qui inhibe l’odeur de verrat, puisqu’elle retarde la maturité sexuelle des cochons. Plus besoin de castration, donc.

Car les deux alternatives à la castration à vif des porcelets, acceptables sur un plan éthique, fiables et viables économiquement, sont l’immunocastration et l’élevage de porcs mâles entiers avec une détection des carcasses odorantes sur la chaîne d’abattage. Certains éleveurs bio, favorables à cette deuxième option, ne peuvent se tourner vers cette alternative, faute d’abattoirs de proximité équipés pour recevoir et trier les carcasses de mâles entiers. Pour trouver une alternative à la castration à vif, ils souhaiteraient s’orienter vers l’immunocastration, mais cette dernière leur est interdite par le Règlement européen bio. Une véritable aberration, à laquelle sont confrontés ces éleveurs, le plus souvent installés en bio pour offrir de meilleures conditions d’élevage à leurs animaux et qui se retrouvent dans une impasse sur ce sujet !

Cette interdiction de l’usage de l’immunocastration est d’autant plus incompréhensible, que certains vaccins sont autorisés en élevage bio et que cette pratique ne pose aucun problème sanitaire. En effet, l’Agence de sécurité sanitaire française (l’ANSES) a déclaré que la consommation de viande de porcs immunocastrés ne présente aucun risque pour le consommateur.

Welfarm en action

Dans le cadre de sa campagne Stop Castration, Welfarm a interpellé la Fédération de l’Agriculture biologique à plusieurs reprises. Notre association participe également à un programme de recherche sur l’élevage de porc mâle entier en Agriculture biologique. Mais, tant que l’immunocastration sera interdite de manière dogmatique par le règlement bio, les porcelets continueront de souffrir. C’est pourquoi Welfarm a envoyé ce jour un courrier officiel au ministre de l’Agriculture, Julien de Normandie, afin de lui demander de soutenir fermement l’autorisation de l’immunocastration dans les élevages bio, cette pratique étant bien plus respectueuse des animaux.

 

> Lire la lettre adressée au ministre de l'Agriculture

> Découvrir la campagne Stop Castration