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22 09 2016

Mauvaise nouvelle pour les poulets français


Aujourd‘hui en France, près de 800  millions de poulets sont abattus chaque année pour leur chair, et 83 % d‘entre eux sont issus d‘élevages intensifs. Ces poulets ont été sélectionnés pour leur prise de poids rapide. Mais cette croissance accélérée est à  l‘origine de grandes souffrances pour ces animaux, et leur situation pourrait se dégrader encore puisque la filière française semble déterminée à  produire des poulets de chair plus gros dans les années à  venir.

 

A l‘heure actuelle, en France, les poulets élevés de façon intensive atteignent leur poids d‘abattage en 41 jours, c‘est-à -dire deux fois plus rapidement qu‘il y a 30 ans  ! C‘est en particulier le muscle qui croît rapidement (parce que c‘est la partie qui est consommée) mais la structure des pattes, du cœur et des poumons ne suit pas la même évolution que celle du corps.

Ce développement rapide, associé à  des conditions d‘élevage inadaptées, est donc à  l‘origine de nombreuses souffrances  : tous les ans, des millions de poulets de chair souffrent de défaillances cardiaques, de douloureuses déformations des pattes, de lésions cutanées, ou encore de boiteries. Certains peuvent à  peine marcher et ne se déplacent qu‘en rampant, d‘autres meurent de faim et de déshydratation car ils n‘arrivent tout simplement pas à  se rendre aux points d‘eau et de ravitaillement.

Jusqu‘à  présent, les poulets français étaient un peu mieux lotis que leurs voisins européens en raison d‘une spécificité française  : la consommation de poulets entiers. Les poulets entiers trop gros n‘intéressent pas les consommateurs, ainsi le poids d‘abattage moyen d‘un poulet élevé en France est-il de 1,9 kg, tandis qu‘il est de 2,5 kg en moyenne dans les autres pays européens  .

A l‘heure actuelle, cependant, la consommation de poulets entiers diminue : elle représentait 52 % du marché français en 1998 contre 30 % aujourd‘hui. Et les poulets français, moins gros que leurs voisins, sont moins compétitifs sur le marché européen de la découpe. Par conséquent,  les poulets français standards se vendent mal à  l‘étranger, et les acteurs français de la restauration collective et commerciale, à  la recherche de découpes au meilleur prix possible, se tournent de plus en plus vers l‘étranger : les importations de viande de volailles auraient ainsi augmenté de 5,3 % entre 2014 et 2015.

C‘est pourquoi la filière a récemment annoncé des investissements en matière de génétique et d‘alimentation enrichie, afin d‘obtenir des poulets plus lourds, dans l‘objectif de reconquérir des parts de marché en restauration hors foyer, et au niveau européen.

Il s‘agit d‘une très mauvaise nouvelle pour les poulets de chair dont le poids excessif était déjà  source de grandes souffrances. Le projet annoncé laisse en effet présager une nouvelle détérioration de la situation des poulets français.

WELFARM appelle les éleveurs français de poulets standards à  préférer une reconversion vers l‘élevage de poulets en plein air à  une intensification de leurs pratiques, qui serait désastreuse pour le bien-être des poulets de chair. En élevage plein air, les poulets sont issus de souches rustiques, dites à  croissance lente. Leur croissante se fait en 81 jours, au lieu de 42, ils ne sont donc pas sujets aux problèmes de santé liés à  la croissance et ils bénéficient de conditions d‘élevage mieux adaptées à  leurs besoins, notamment d‘une densité inférieure dans le poulailler, et d‘un accès à  un parcours extérieur.

En tant que consommateurs, privilégiez la qualité à  la quantité  : modérez votre consommation de produits d‘origine animale et préférez toujours les poulets fermiers Label Rouge ou biologiques  !