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14 01 2010

La PMAF invitée à  l'émission "Le Débat du Jour" sur RFI


Le jeudi 31 décembre 2009, Ghislain Zuccolo, directeur de la PMAF, a participé à  l'émission "Le Débat du Jour" sur RFI de Jean-François Cadet.
Décryptage de l'interview.

 

Avec pour thème "L'élevage des poules pondeuses en batterie : interdire?", le cofondateur de la PMAF a pu débattre des avantages des élevages alternatifs des poules pondeuses en France avec Francis DAMAY le président du CNPO, Comité National pour la Promotion de l'œuf.

Ecouter l'émission


Décryptage et analyse de contenu
Interview : L‘élevage des poules pondeuses en batterie : interdire ?
  • Ghislain Zuccolo, directeur et co-fondateur, PMAF (GZ)
  • Francis Damay, Président du CNPO, Comité National pour la Promotion de l‘Oeuf (FD)
  • Jean-François Cadet : Journaliste RFI (JFC)

Introduction :

Faut-il interdire l‘élevage des poules pondeuses en batterie ? Oui ont répondu les législateurs allemands qui ont pondu, si vous me passez le jeu de mot, une loi qui entre en vigueur demain 1er janvier. A partir de demain les poules seront donc dans des volières et non plus en cages. La différence est-elle importante ou dérisoire ? L‘élevage en batterie est-il une forme de maltraitance animale ? Nuit-il à  la qualité des œufs ? Quelles conséquences économiques auraient l‘interdiction totale de cette forme d‘élevage pour les éleveurs ? Quelle(s) conséquence(s) aussi pour les consommateurs ? Vers quelle législation faudrait-il tendre ? (…) Avant d‘entrer dans le vif du sujet, il faut savoir de quoi on parle exactement.

Questions :

1. L‘élevage des poules pondeuses en batterie

1.1. Francis Damay, quand on élève des poules pondeuses en batterie, ça veut dire quoi exactement ?
1.2. Donc c‘est plus confortable pour la poule et c‘est avantageux pour le consommateur et pour l‘éleveur.
1.3. Ghislain Zuccolo, est-ce que vous êtes convaincu par ce qu‘à  entendre Francis Damay, c‘est plus confortable pour la poule elle-même, donc ça veut dire que son milieu de vie s‘est amélioré ?

2. Aspect économique

2.1. Francis Damay, mettre des poules en cages, c‘est uniquement pour le business ?
2.2. Donc ce n‘est pas réaliste ?

3. Maltraitance et bien-être animal

3.1. Francis Damay, est-ce qu‘on peut parler de maltraitance pour les poules qui vivent en cages ? A entendre Ghislain Zuccolo, c‘est ça.
3.2. On va y revenir. Ghislain Zuccolo, est-ce que vous reconnaissez la bonne volonté des éleveurs ?
3.3. Ca veut dire, Ghislain Zuccolo, qu‘un animal dont le bien-être est garantit, produit plus ? C‘est l‘intérêt de l‘éleveur de faire, en quelque sorte, que l‘animal puisse s‘épanouir.

4. Production et qualité de l‘oeuf

4.1. Cela veut dire que l‘élevage en batterie, Ghislain Zuccolo, n‘augmenterait pas la production d‘œufs ?
4.2. Francis Damay, la mention »œufs de poules élevées en cages » est bien obligatoire sur les oeufs ?
4.3. Pour quelle raison ? cela veut dire que c‘est une garantie de qualité ?
4.4. Mais quel impact pour la qualité des œufs ?

5. Politique européenne face aux importations

5.1. Cela veut dire que les Européens se tirent une balle dans le pied par rapport à  la concurrence étrangère ?

6. Consommation éthique

6.1. Francis Damay, vous n‘y croyez pas vraiment à  cette exigence éthique des consommateurs ?


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1. J.-F.C. : Francis Damay, quand on élève des poules pondeuses en batterie, ça veut dire quoi exactement ?
FD : D‘abord je voudrais qu‘on définisse le terme « batterie » qui est une association, un nombre d‘éléments de même nature destinés à  fonctionner ensemble et quelque part, les poules ne sont pas élevées dans des batteries mais dans des cages. Ca consiste en quoi ? Et bien, je dois rappeler que dans les années 50 toutes nos poules étaient élevées en extérieur et que pour satisfaire une consommation qui augmentait, pour satisfaire une production, parce que les éléments climatiques ne sont pas des éléments faciles et que l‘animal, la poule est fragile à  l‘humidité et au froid et bien on a rentré nos animaux. D‘abord dans les poulaillers en y mettant de la lumière et petit à  petit dans des bâtiments un peu plus importants. Et quelque part, le fait de les enlever du sol et de ces contraintes quotidiennes ça nous a donné un animal élevé plus confortablement, produisant mieux, un meilleur indice de consommation et satisfaisant qualitativement et sanitairement un consommateur qui trouve un produit d‘une énergie la meilleure.
J. F. C: Donc c‘est plus confortable pour la poule et c‘est avantageux pour le consommateur et pour l‘éleveur.
F. D. : Absolument
J.-F. C. : Ghislain Zuccolo, est-ce que vous êtes convaincu parce qu‘à , entendre Francis Damay, c‘est plus confortable pour la poule elle-même, donc ça veut dire que son milieu de vie s‘est améliorée ?
G. Z. : Non non, c‘est certainement pas plus confortable pour la poule elle-même. Il faut savoir que dans les bâtiments de poules pondeuses, il y a jusqu‘à  45 000 poules pondeuses qui sont enfermées dans des petites cages où il y a 4 à  5 poules par cage et chaque poule dispose que 550 cm2 avec la réglementation actuelle c‘est-à -dire même pas l‘équivalent d‘une feuille de papier A4. Les poules vivent sur un sol grillagé, elles subissent un éclairage intensif de 16 heures par jour. Elle ne voit jamais la lumière du jour. Elles pondent 300 œufs par an. Je pense que si on a eu la volonté de mettre les poules en cages, c‘est pas pour que les animaux vivent dans des conditions plus « confortables », c‘est surtout pour augmenter la productivité. 300 œufs par an pour une poule pondeuse, c‘est énorme. Il faut savoir que l‘ancêtre de la poule pondeuse, le coq rouge de la jungle ne pondait que deux douzaines d‘œufs par an au printemps et en fait grâce à  la sélection génétique, grâce à  l‘éclairage artificiel, cela permet de recréer un printemps éternel et on arrive à  obtenir cette productivité très très élevée. Il serait tout à  fait possible de nos jours d‘élever toutes nos poules pondeuses en volières, au sol ou en plein air. En France, ce serait tout à  fait possible.


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2. J.-F. C. : Francis Damay, mettre des poules en cages, c‘est uniquement pour le business ?
F. D. : C‘est pas du tout une solution qui est envisageable de mettre toutes les poules au sol par rapport à  des investissements considérables qui sont effectués, par rapport à  des autorisations d‘exploiter qui sont à  demander, par rapport à  l‘utilisation même de l‘espace parce que on en est aujourd‘hui, s‘il on veut une surface de 5 cm2 par poule en surface extérieure pour 40 millions de pondeuses qui sont élevées à  l‘heure actuelle dans des bâtiments standards, il faudrait 200 millions de mètres carrés à  pomper sur le territoire national. Ce qui représente une somme colossale en termes de surface.
J.-F. C. : Donc ce n‘est pas réaliste ?
F. D : Certainement pas. Ca n‘apporterait pas, par rapport à  cet aspect environnemental des avantgaes par rapport à  ce qui nous est imposé à  l‘heure actuelle.
J.-F. C. : Ghislain Zuccolo ?
G. Z. : Ecoutez, on met de plus en plus de terres en jachère parce qu‘on ne sait plus quoi en faire. Je crois qu‘il y a largement pour mettre les poules en plein air ou élevées au sol. Ce n‘est pas un problème du tout.
F. D. : Dans les pays sous développés et sous alimentés, il y a un milliard d‘habitants qui ne sont pas nourris, je suis tout à  fait désolé parce qu‘en tant qu‘agriculteur, parce que je suis et agriculteur et aviculteur en même temps, je suis désolé de voir des terres qui ne servent absolument à  rien, improductives dans nos régions françaises, si riches en sol et en production.

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3. J.-F.C. Francis Damay, est-ce qu‘on peut parler de maltraitance pour les poules qui vivent en cages ? A entendre Ghislain Zuccolo, c‘est ça.
F. D. : Si vous voulez, l‘évolution de la législation existe depuis 1982. La France investit dans des bâtiments avec des normes bien-être animal. Évidemment qu‘il y a des évolutions, évidemment qu‘en 1999, une nouvelle directive est apparue, qui s‘impose à  toutes les cages à  partir du 1er janvier 2012 mais qui depuis 2003 s‘impose à  toutes les nouvelles constructions. Petit à  petit, les constructeurs, la profession, l‘INRA, l‘AFSSA et l‘ITAVI ont mis en place des recherches et ont regardé comment mieux donner à  l‘animal, le perchoir dont elle a besoin, comme tout oiseau, le nid dont elle a besoin pour la ponte, et je pense qu‘aujourd‘hui on est arrivé à  un consensus. Et si les allemands ont anticipé l‘arrêt de l‘ancienne cage et non pas de la nouvelle, puisque c‘est d‘une kleine volière dont ils parlent. Mais la kleine volière est quasiment identique à  la cage 2012 avec un peu plus de hauteur, un peu moins d‘animaux au cm2 et ça n‘enlève rien. Nous conservons dans cet espace des animaux en groupe. Je dirais que c‘est plutôt maintenant, ce qu‘on pourrait appeler maintenant, c‘est un « espace de vie 2012 » dans lequel on a plutôt fait attention à  une reconnaissance de l‘oiseau en tant que son perchoir, en tant que son nid, en tant que l‘espace de grattage
J.-F. C. : On va y revenir. Ghislain Zuccolo, est-ce que vous reconnaissez la bonne volonté des éleveurs ?
G. Z. : En général, les éleveurs, quand il y a des évolutions qui sont proposées par l‘Union européenne pour le bien-être animal, nous, on les retrouve plutôt à  les combattre qu‘à  soutenir ses évolutions.
F. D.. : Non vous ne pouvez pas dire cela, Monsieur Zuccolo. Ca s‘impose systématiquement, dans un premier temps le changement perturbe les gens mais quelque part, l‘éleveur qui est tous les jours avec ses animaux, qui les suit, qui les soigne. Vous savez qu‘un animal qui est stressé ne produit pas, quelque soit son lieu de vie.
G. Z. : Ce n‘est pas vrai. Ce n‘est pas vrai du tout.
F.D. : Quelque soit son lieu de vie. A l‘extérieur comme à  l‘intérieur !
J.-F. C : Ca veut dire, Ghislain Zuccolo, qu‘un animal dont le bien-être est garantit, produit plus ? C‘est l‘intérêt de l‘éleveur de faire, en quelque sorte, que l‘animal puisse s‘épanouir.
G. Z. : Les éleveurs disent, une poule qui est malheureuse ne pondrait pas. Ce n‘est pas vrai. La ponte est un phénomène biologique. C‘est l‘ovulation. La production est un élément qui permet d‘évaluer le bien-être ou le mal être mais ce n‘est pas le seul élément. C‘est un des indicateurs mais malheureusement les animaux qui vivent dans de mauvaises conditions, et notamment les poules qui vivent en cages, pondent car c‘est un phénomène biologique. J‘ai presque envie de dire, automatique. Dans les cages conventionnelles, les poules ne peuvent pas marcher, ne peuvent pas courir. Elle ne peuvent pas se percher.

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4 J.-F. C. : Cela veut dire que l‘élevage en batterie, Ghislain Zuccolo, n‘augmenterait pas la production d‘œufs ?
G. Z. : Si. Cela augmente la production d‘œufs mais grâce à  la lumière du soleil, grâce à  la lumière artificielle qui recréée un printemps éternel.
J.-F. C : C‘est un vrai problème ?
G. Z. : C‘est un problème car les pondeuses aujourd‘hui pondent 300 œufs par an donc elles ont besoin d‘énormément de calcium pour pondre tous ces œufs et quand elles sont envoyées à  l‘abattoir après un peu plus d‘une année de ponte, elles ont les os fragilisés parce que tout le calcium est passé dans la construction des coquilles d‘œufs. Donc, il y a beaucoup de poules qui arrivent à  l‘abattoir et qui ont les os brisés parce que, quand elles sont arrachées à  leur cage, elles sont quelque peu malmenées.
J.-F. C. : Francis Damay,…
F.D. : Les « poules bio » pondent autant d‘œufs que les poules qui sont en cages, voyons. Les poules Label rouge pondent aussi leur 300 œufs par an et elles ont une alimentation qui leur permet de soutenir car elles sont exactement comme l‘humain qui a besoin de calcium pour ses os. Sinon, et bien on a toutes les conséquences que l‘on peut avoir dans le cas d‘une sous nutrition en termes de calcium. Je ne vois pas en quoi, et c‘est quelque chose de connue depuis longtemps, l‘alimentation est faite à  base de calcium qui va en augmentant en fonction de l‘âge de l‘animal.
G.Z. : Les poules qui ne peuvent pas marcher ont les muscles et les os qui se développent moins. Elles ont forcément des pattes plus fragilisées.
F. D. : Il y a 60 – 70 ( ?) animaux. Ca fait donc 4m2, 5m2, 6 m2 je pense qu‘aujourd‘hui on est dans des espaces où la poule se déplace. Elle a un espace de vie qui est celui qui peut justement lui permettre de conserver et de la musculation parce qu‘elle n‘a pas besoin de se nourrir pour avoir des muscles, l‘important c‘est qu‘elle se nourrisse pour nous faire des œufs. Et des œufs justement aujourd‘hui dans une conjoncture difficile dans laquelle il y a une pauvreté un peu partout, c‘est certainement l‘aliment le plus nutritionnel et celui qui est le moins cher. C‘est la protéine animale la moins chère sur l‘étal d‘un grand distributeur.
J.-F. C. : Francis Damay, la mention "œufs de poules élevées en cages " est bien obligatoire sur les oeufs ?
F. D. : Obligatoire, exactement.
J.-F. C. : Pour quelle raison ? cela veut dire que c‘est une garantie de qualité ?
F. D. : C‘est une garantie, que c‘est la forme de l‘élevage mais...
J.-F. C. : Mais quel impact pour la qualité des œufs ?
F. D. Attendez, je vais vous dire une chose. Une poule ça pond toujours un bon œuf quelque soit son lieu de vie. Le seul problème que vous avez aujourd‘hui, c‘est qu‘en fin de compte les prix de revient ne sont pas du tout les mêmes. Et les efforts qui vont être fait par la profession pour mettre les 40 millions de pondeuses à  l‘heure actuelle, dans d‘anciens bâtiments pour les mettre dans de nouveaux bâtiments c‘est un milliard d‘euros de dépenses qui vont être effectuées. Et c‘est en cours, et c‘est en route et nous serons aux normes en 2012 pour être respectueux de la réglementation européenne. Ce que je n‘admets pas aujourd‘hui, si vous voulez, c‘est que même au niveau de l‘Organisation Mondiale du Commerce on ne parle pas de bien-être animal et que toutes nos importations dans les pays tiers, puisque ça c‘est une norme européenne, tout ce que vous importez qui nous vient d‘Inde en œufs séchés puisque ça coûte un peu moins cher de les faire là -bas ou de Chine, ou même des Etats-Unis, aucune réglementation bien-être animal n‘est obligatoire.

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5. J.-F. C. : Cela veut dire que les européens se tirent une balle dans le pied par rapport à  la concurrence étrangère ?
F. D. Non, mais elles ont des coûts supplémentaires et les éleveurs et les consommateurs demain, vont en voir les conséquences et ils ne contrôlent pas sur le produit fini la véritable origine de ce produit importé ailleurs.
J.-F. C. : Ghislain Zuccolo, est-ce que à  force d‘imposer des normes aux producteurs européens, on est pas en train de tuer la filière avicole européenne ?
G. Z. : Je crois que la filière de l‘élevage, en général, peut être difficilement compétitive face aux pays tiers parce que dans les pays tiers, par exemple au Brésil, la main d‘œuvre est moins chère, l‘alimentation est moins chère…
F. D. Non pas l‘alimentation, ce n‘est pas vrai. Aujourd‘hui on a des cours qui sont internationaux. Je vous mets d‘accord sur le phénomène de la main d‘œuvre. A l‘heure actuelle il y a même des distorsions de concurrence en intra-européennes, sur des formes d‘utilisation de main d‘oeuvre qui nous viennent entre guillemets de futurs pays membres de l‘Union européenne mais qui ne sont pas ni avec un SMIC, ni avec des obligations sociales, ni avec des obligations de charges.
J.-F. C. : Attendez, on va laisser Monsieur Zuccolo terminé son raisonnement.
G. Z. : Les terres sont moins chères, etc donc on voit arriver chez nous, des produits provenant des pays tiers qu‘il y ait ou pas des normes de bien-être animal est cela c‘est un constat que l‘on fait sur les poulets de chair, sur les poules pondeuses, etc. et je crois que l‘avenir de l‘agriculture européenne et de l‘agriculture française c‘est de miser sur la qualité et sur des valeurs éthiques. Je voudrais aussi signaler et rappeler que par exemple, aux Pays Bas, en Autriche, en Belgique, en Suisse toutes les grandes chaînes de distribution de supermarché ont arrêté de vendre des oeufs de batterie. En Allemagne Aldi et Lidl vont arrêter de commercialiser des œufs de batterie et là  l‘OMC ne peut rien faire. Ces chaînes de supermarché ne font que répondre à  la demande des consommateurs qui sont sensibles au bien-être animal, qui y sont de plus en plus sensibles et qui demandent de plus en plus…
F.D. : ( ?) Monsieur Zuccolo, c‘est un leurre car 30% de la consommation des œufs se fait en direct en termes d‘œufs coquille. Tout le reste est mis dans tout un tas d‘autres produits et c‘est ce que les gens ne se rendent pas compte. Le fait de l‘acte d‘achat unique de cet œuf coquille qui aurait une bénédiction par rapport à  un bien-être animal. Tout ce qui se passe en dehors, c‘est-à -dire les autres 65 ou 70% sont incorporés soit dans les pâtes alimentaires, dans la biscuiterie…
G. Z. : Eh bien écoutez, on voit une évolution…
F.D. : …dans les produits qui servent dans les restaurations rapides que cela soit hospitalières ou les cantines scolaires et là  aucun contrôle ne sera permis parce que quand il n‘y aura plus d‘élevage européen qui permettra de faire vivre ces producteurs et bien, on sera bien obligé d‘acheter à  l‘export des produits…
G. Z. : Il ne faut pas dramatiser.

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6. J.-F. C : Pas tous les deux en même temps. On a bien compris, Francis Damay. Ghislain Zuccolo vous répond.
G. Z. : Là  aussi, on voit une évolution : il y a une grande marque de mayonnaise que tout le monde connaît, je ne sais pas si j‘ai le droit de la citer ?
J.F.C. : Non on ne va pas la citer !
G. Z. : … qui n‘utilise que des œufs de poules élevées en plein air dans la confection de toutes ces mayonnaises. Il y a une marque de pâtes très connue qui vient de lancer des pâtes aux œufs plein air et donc là  aussi, on remarque une évolution au niveau des ovoproduits tant de la part de l‘industrie agro-alimentaire que de la restauration collective qui, petit à  petit, arrêtent d‘utiliser des œufs de poules élevées en batterie pour répondre à  la demande et à  la préoccupation des consommateurs.
J.-F. C. : Francis Damay, vous n‘y croyez pas vraiment à  cette exigence éthique des consommateurs ?
F. D. : Attendez, l‘exigence éthique des consommateurs s‘arrête à  partir du moment où l‘on travaille sur le porte-monnaie. Quand vous commencez à  regarder qu‘un œuf peut aller de 10 centimes à  60 ou 70 centimes qu‘est-ce que vous faites ? Alors vous pouvez avoir une certaine éthique personnelle. Moi aussi, j‘ai une certaine éthique sur un certain nombre de points mais pas au niveau de l‘alimentation parce que la poule, un œuf à  10 centimes ou à  60 centimes, il a la même qualitative nutritionnelle à  l‘intérieur. Après, c‘est une vue de l‘esprit, et c‘est une façon d‘avoir fait des productions labellisées que nous constatons : Label rouge, plein air, bio avec des marques tout à  fait différentes mais je crois que pour servir 80% de la population, parce que c‘est encore 80% de nos poules qui sont encore élevées de façon standard et bien 80% de la population se nourrissent avec des œufs dans des bâtiments qui vont respecter les normes 2012. 80% c‘est pas 3,5, c‘est pas 5, c‘est pas 10, c‘est pas 15, c‘est quand même une proportion considérable et c‘est ce qui permet d‘avoir une alimentation pas chère. Et qui est aujourd‘hui en train de monter. Rendez-vous compte que nous sommes aujourd‘hui en augmentation, sur le premier semestre 2009 de 6% de la consommation des œufs. C‘est pas dû à  Francis Damay, ni à  ses poules et autre, c‘est parce que c‘est un produit pas cher dans un contexte économique difficile. C‘est quelque chose qui donne aux gens au moins un repas équilibré tant au niveau des protéines qu‘au niveau des oligo-élements, qu‘au niveau des vitamines et je crois que là -dessus, si tout le monde pouvait augmenter sa consommation d‘œufs … nous sommes prêts à  répondre à  la demande du consommateur et la grande distribution derrière nous qui suit véritablement l‘élevage français fait confiance à  l‘ensemble de la production française en mettant sur ses étals des œufs de toutes origines, j‘allais dire de toute provenance,
J.-F.C. : Le message est passé, merci beaucoup Francis Damay, vous êtes bien le président du CNPO , merci à  vous également Ghislain Zuccolo, directeur et co-fondateur de la PMAF. Merci
G.Z. : Merci.

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