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17 07 2018

Nouvelle vidéo : dans l'enfer des fermes à sang


Avortements, prélèvements sanguins, mauvais traitements… Une vidéo diffusée ce jour dévoile le calvaire des milliers de juments détenues dans les fermes à sang d’Amérique du Sud. Tout cela pour extraire de leur sang une hormone, utilisée dans les élevages français. Sous la pression des associations, le laboratoire allemand IDT vient de renoncer à se fournir dans ces fermes. WELFARM part donc en campagne pour demander aux laboratoires CEVA et HIPRA de faire de même. Et de mettre un terme à ce business sanglant. 

 

Dans les boxes de contention, les juments défilent à la chaîne, pendant des heures. Toutes sont gestantes. Une fois immobilisées, à grand renfort de coups de bâton, elles sont saignées, l’une après l’autre, via une canule posée dans leur veine jugulaire. L’opération dure une dizaine de minutes, le temps de leur prélever plusieurs litres de sang.

Ces images diffusées par WELFARM ont été tournées entre janvier et avril 2018 par les associations Tierschutzbund-Zürich (TSB) et Animal Welfare Foundation (AWF), au sein de 5 « fermes à sang » d’Argentine et d’Uruguay. Elles s’appellent Syntex, Biomega La Paloma ou Las Marquesas, mais toutes fonctionnent sur le même modèle : pendant deux mois et demi, des juments gestantes subissent des prélèvements sanguins massifs hebdomadaires. Elles sont ensuite avortées, mises à la reproduction et saignées à nouveau. Et ainsi de suite jusqu’au départ pour l’abattoir. 

Le sang des juments gestantes contient en effet une hormone très prisée des laboratoires pharmaceutiques, la gonadotrophine chorionique équine ou eCG. Cette hormone permet aux éleveurs français de moutons, chèvres et porcs de faire ovuler les femelles sur commande : grâce à l’eCG - toutes les truies mettent bas le même jour, les chèvres produisent du fromage toute l’année et les agneaux naissent en masse pour Pâques. 

CEVA, HIPRA, MSD : 3 laboratoires commercialisent de l’eCG en France

En Argentine et en Uruguay, les lois de protection animale sont quasi-inexistantes. Les laboratoires peuvent donc y acheter de l’eCG à bas coût. En 2017, la France a ainsi importé pour 5,12 millions de dollars d’eCG à Syntex-Uruguay. En 2018, les ventes dépassent déjà les 3,96 millions [ii]. Si les laboratoires ne sont pas tenus de mentionner l’origine de l’eCG sur l’emballage, ils ne sont que trois à vendre de l’eCG en France :  

  • Le Français CEVA, avec ses produits Fertipig®, Synchropart® et Syncrhostim®. Premier laboratoire vétérinaire français et sixième mondial, Ceva est présent dans tous les cabinets vétérinaires avec sa gamme de produits pour chiens et chats. En 2017, Ceva a créé le « Prix international pour le Bien-être animal ».
  • L’américain MSD, qui commercialise en France le PG® et le Chronogest® ;
  • L’espagnol HIPRA, avec le Gestavet®.

Les audits des laboratoires sont inefficaces

MSD ayant déjà renoncé à se fournir en Amérique du Sud, WELFARM a souhaité rencontrer les laboratoires Hipra et Ceva. Hipra n’a jamais daigné répondre. Ceva a annulé le rendez-vous au dernier moment, mais affirme se fournir exclusivement auprès de Syntex-Argentine. « Depuis 2015, nous avons mené des audits stricts chez notre fournisseur et nous n’avons relevé aucune forme de maltraitance infligée aux juments », affirme le laboratoire dans un courrier du 7 décembre 2017. Les images diffusées aujourd’hui y ont pourtant été filmées un mois plus tard. Cette vidéo démontre non seulement que la violence est inhérente aux fermes à sang, mais aussi que les audits menés par les laboratoires (liés aux fermes par des intérêts financiers) ne sont pas fiables. Si WELFARM rencontrera CEVA en août, aucun aménagement dans le fonctionnement des fermes ne parviendra à rendre cette production éthique : pour obtenir de l’eCG, il faut saigner des juments gestantes puis se débarrasser des sous-produits (fœtus ou poulain) pour pouvoir les saigner à nouveau. Pour WELFARM, la seule issue acceptable est donc le remplacement de l’eCG par une alternative synthétique.

Une molécule brevetée par l’INRA pour remplacer l’eCG

En Suisse, suite au scandale des fermes à sang, l’utilisation de l’eCG dans les élevages porcins a diminué de 80% [i]. Les éleveurs l’ont remplacé par une combinaison de deux molécules synthétiques, toutes deux disponibles en France. De leur côté, les chercheurs du laboratoire de Physiologie de la Reproduction et des Comportements de l’INRA, ont breveté une molécule dont les effets, proches de ceux de l’eCG, s’avèrent prometteurs chez la chèvre et la brebis. Sa mise sur le marché exigerait un investissement financier de la part des laboratoires...

WELFARM part en campagne pour faire pression sur les laboratoires

WELFARM demande aux laboratoires Ceva et Hipra l’arrêt de toute importation d’eCG depuis l’Amérique du Sud et la mise sur le marché d’une alternative synthétique. Vous aussi, aidez-nous à faire pression sur les laboratoires ! Vous pouvez :

  • Visiter le site web pour interpeller directement les laboratoires  
  • Signer notre pétition en ligne, à destination de Ceva et d’Hipra 
  • Nous retrouver sur le stand de sensibilisation à Paris, place de la République, le 18 juillet de 11h à 20h.  
  • Ou celui de Metz, au croisement rue Serpenoise/rue Winston Churchill, le 19 juillet, de 11h à 20 h.

Toutes les infos sur fermesasang.fr



[i] Avis du Conseil Fédéral Suisse du 26/09/2016

[ii] Site du Service des Douanes d’Uruguay