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21 01 2020

Carrefour Brésil s’engage pour le bien-être des porcs


Les produits de la marque Carrefour au Brésil ne seront plus issus d’élevages porcins pratiquant la castration à vif des porcelets mâles.

 

 

La succursale brésilienne de Carrefour, vient d’annoncer que tous ses produits à marque propre (viande fraîche) proviendront, d’ici 2025, d’élevages porcins ne réalisant plus de castration à vif des porcelets mâles. Un engagement fort, accompagné d’autres mesures tout aussi favorables au bien-être des porcs, dont la maternité des truies en groupe et sans contention.

Un engagement fort dans un pays très consommateur de viande.

Carrefour Brésil est l'une des principales chaînes de supermarchés au Brésil, un pays qui compte parmi les plus consommateurs de viande au monde. Carrefour est le premier supermarché brésilien à prendre des engagements sur l’arrêt de mutilations en élevage de porcs. Il fait suite à la remise de 92 000 pétitions par l’ONG de protection animale World Animal Protection (WAP) en 2018, laquelle avait ouvert des échanges entre les deux structures et donné lieu à un accompagnement technique.

A l’issue des échanges, Carrefour Brésil vient d’annoncer les engagements suivants :  

- d'ici décembre 2022, 100% des truies reproductrices seront élevées en groupe, avec une dérogation de 28 jours maximum de  confinement en cage,

- d'ici décembre 2022, les fournisseurs de Carrefour Brésil auront l’interdiction d’entailler les oreilles des cochons,

- d'ici décembre 2025, la castration à vif des porcelets sera également interdite et remplacée majoritairement par l’administration d’un « vaccin anti-odeur » (immunocastration),

le meulage des dents est banni, avec une dérogation possible en cas d'extrême nécessité, lorsqu'un comportement agressif entre les porcelets est vérifié alors même qu’un enrichissement environnemental a été fourni à toutes les étapes de la production.

Dans le monde, 1,2 milliard de porcs sont élevés pour la viande chaque année et une grande majorité subissent la castration sans anesthésie. Cette mutilation est réalisée en prévention pour éliminer le risque d’apparition d’une odeur à la cuisson de la viande dû aux hormones mâles, bien que ce risque ne concerne que 4% des porcs mâles.

Actuellement la castration est le plus souvent réalisée sans anesthésie et est, de fait, extrêmement douloureuse au moment de l’acte mais les douleurs persistent également les jours qui s’ensuivent.

Et en France ?

WELFARM et World Animal Protection (WAP) appellent aujourd’hui Carrefour France à poursuivre ses efforts, en suivant l’exemple de sa succursale brésilienne et ainsi parvenir au plus vite à des approvisionnements provenant exclusivement de porcs mâles non castrés à vif pour sa filière qualité.

Carrefour France est un acteur impliqué sur le sujet de la castration à vif ; avec 50% d’approvisionnement en porcs mâles non castrés sur sa filière qualité, il est un des distributeurs français les plus avancé sur le sujet.

Des progrès pourraient également être envisagés, à l’instar de Carrefour Brésil, concernant les conditions de vie des truies ainsi que sur le terrain des autres mutilations. En 2019, le groupe Carrefour a publié sa « Politique bien-être animal », annonçant sa volonté d’agir en ce sens.

Carrefour France a là une excellente opportunité à portée de main. L’enseigne peut ouvrir la voie au bien-être des porcs dans le cadre d'une opération mondiale, qui transformera pour le mieux la vie de milliers de porcs, notamment en mettant fin à la castration à vif des porcelets.

STOPCASTRATION !

La pétition de WELFARM demandant au gouvernement l’interdiction de cette pratique a déjà recueilli plus de 203 000 signatures et démontre bien l’intérêt des consommateurs pour une meilleure prise en compte du bien-être animal, et pour une interdiction des mutilations.  

Pauline Di Nicolantonio, chargée de campagne pour Welfarm s’interroge : « Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, clame haut et fort depuis plusieurs mois que le sujet de la castration à vif est l’une de ses priorités, mais des mesures concrètes et formelles peinent pourtant à émerger des discussions ».

Pour agir : rendez-vous sur stopcastration.fr