La Norvège ne produira plus de poulets issus de souches à croissance rapide d’ici à fin 2027. Une évolution menée par les professionnels du secteur, qui annoncent qu’ils renoncent également à l’abattage des poussins mâles dans les écloseries destinées à fournir les élevages de poules pondeuses.

C’est une annonce historique : le plus grand producteur de viande de Norvège, Notura, ainsi que l’Association norvégienne de l’industrie de la viande et de la volaille (KLF), ont déclaré qu’ils allaient éliminer progressivement les races de poulets à croissance rapide d’ici à décembre 2027.
Natura étant la dernière entreprise norvégienne à produire des poulets à croissance rapide, cette annonce signifie la fin de la production de ce type de poulet à l’échelle nationale.
Une excellente nouvelle en matière de bien-être animal, puisque ces animaux, qui atteignent leur taille adulte en seulement cinq à six semaines, mènent une vie de souffrance en raison d’une croissance ultra-rapide.
Une vie de souffrance pour les poulets à croissance rapide
Les poulets à croissance rapide souffrent en effet de nombreux problèmes de santé qui ont un impact considérable sur leur bien-être : boiteries en raison de muscles trop lourds par rapport à leur squelette ; lésions ; insuffisance cardiaque, etc.
Les poulets de chair à croissance rapide ont également une faim chronique, ce qui entraîne une détresse mentale et physique quasi constante.
Ces oiseaux produisent aussi beaucoup de chaleur corporelle en raison de leur métabolisme. Dans des bâtiments contenant des milliers de poulets, la chaleur devient rapidement insupportable, d’autant plus lors d’épisodes caniculaires.
Ce choix de la filière norvégienne montre qu’il est tout à fait possible de modifier les pratiques d’élevage afin de mieux prendre en compte le bien-être animal en production de poulets de chair.
Fin de l’abattage des poussins mâles en filière œufs
L’entreprise Natura et l’interprofession norvégienne ont également annoncé qu’ils ne tueraient plus les poussins mâles en filière œufs et utiliseront à la place la technique de l’ovosexage (pratique qui consiste à déterminer le sexe de l’embryon dans l’œuf et à écarter les œufs contenant un mâle).
Selon Eurogroup for animals, cette évolution positive offrira chaque année une meilleure qualité de vie à plus de 70 millions de poulets et épargnera la vie de plus de 3 millions de poussins mâles chaque année.
En France l’abattage de poussins mâles est interdit depuis 2023, mais une dérogation existe pour les poussins de souche blanche, qui sont majoritairement utilisés pour la production de viande.
La Commission européenne doit agir
L’exemple norvégien devrait interpeller la Commission européenne qui pourrait légiférer pour interdire l’élevage de poulets à croissance rapide et l’abattage de poussins mâles en filière œufs à l’échelle communautaire.
Une demande soutenue par de nombreux citoyens européens. En effet, la consultation publique menée l’année dernière au sujet de la révision de la législation européenne relative au bien-être animal a recueilli un nombre record de 236 520 avis.
Il est urgent d’agir pour améliorer le sort de millions d’animaux !
