Welfarm a mené une nouvelle enquête sur le transport d’animaux vivants en Europe

Welfarm et l’ONG allemande Animal Welfare Foundation ont mené conjointement une nouvelle enquête de terrain en Pologne afin de documenter les conditions de transport des animaux en transit vers ce pays.

inspection de bétaillère

Chaque année, des milliers d’animaux originaires de toute l’Europe sont abattus en Pologne, en raison de coûts de main-d’œuvre moins élevés dans ce pays d’Europe centrale.

Partis de France, des Pays-Bas, d’Allemagne ou encore du Danemark, les animaux sont transportés par camions, parfois pendant de très longues heures, avant d’arriver dans les abattoirs polonais.

Du 13 au 16 janvier 2026, une équipe conjointe d’enquêtrices de Welfarm et de l’organisation allemande Animal Welfare Foundation (AWF) a sillonné les routes polonaises sur les traces de ces bétaillères en transit.

Inspections de bétaillères

« Alors que nous étions postés sur une aire d’autoroute, nous avons notamment pu inspecter plusieurs camions chargés de porcs en provenance d’Allemagne et du Danemark. Nous avons constaté plusieurs manquements à la réglementation européenne régissant le transport d’animaux vivants », explique Cosima Dumont Glansdorff, chargée et de campagne chez Welfarm.

Tout d’abord, un camion en provenance du Danemark transportant des porcelets au-delà des densités légalement autorisées. Selon Cosima Dumont Glansdorff, « le manque d’espace était tel que les animaux ne pouvaient pas changer de position, s’allonger, ni même accéder aux dispositifs d’abreuvement. Les passages de roues à l’intérieur du compartiment à bétail étaient proéminents et réduisaient considérablement l’espace disponible pour les animaux. En outre, nous avons constaté un manque de litière à bord, ce qui ne permettait pas d’assurer un confort suffisant pour les animaux ni d’absorber efficacement leurs excréments ».

Mauvaises conditions de transport… et d’élevage

Une autre bétaillère transportant des cochons, en provenance d’Allemagne cette fois-ci, s’est ensuite arrêtée sur la même aire d’autoroute. Cette dernière était moins chargée, mais les animaux à bord présentaient les stigmates de mauvaises conditions d’élevage : morceaux d’oreilles manquants et queues arrachées. Les morsures de queue et d’oreilles sont des troubles comportementaux connus chez les porcs élevés en systèmes industriels, liés principalement à de très fortes densités dans les bâtiments et à l’absence d’accès à l’extérieur.

Le dernier camion à bord duquel des irrégularités ont pu être constatées transportait lui aussi des porcs. Dans cette bétaillère, certains animaux touchaient le plafond, ce qui n’est pas réglementaire et nuit évidemment au confort des animaux.

Les différents problèmes qui ont été constatés lors de cette enquête sont malheureusement monnaie courante, et ne sont que des exemples parmi tant d’autres des souffrances endurées par les animaux lors de leur transport.

À la suite de ces constatations, Welfarm et AWF ont alerté les autorités compétentes des pays d’origine et de destination des camions concernés afin qu’elles procèdent aux investigations nécessaires auprès des responsables des infractions relevées.

Non-respect de la réglementation européenne sur le transport d’animaux

Une fois de plus, nous avons pu constater que la réglementation européenne sur le transport d’animaux vivants n’est pas respectée.

En décembre 2023, la Commission a proposé un nouveau règlement protégeant les animaux transportés. Le texte de la commission vise notamment à limiter à 9 heures maximum les transports d’animaux destinés à l’abattage et à deux cycles de 21 heures de transport maximum les animaux destinés à l’engraissement. De même, l’exécutif européen propose une réduction des densités à bord des camions, et une limitation des transports lors des températures extrêmes telles que des canicules.

Les instances européennes doivent agir pour les animaux d’élevage !

L’examen du projet de texte de la Commission par le Conseil de l’Union européenne (UE), qui réunit les représentants des gouvernements des vingt-sept États membres, a débuté à l’automne 2024.

Les travaux ont commencé en parallèle au Parlement européen, quelques mois plus tard. Un processus législatif très laborieux, en raison notamment d’une forte opposition de certains États membres et eurodéputés, à laquelle vient s’ajouter la pression des lobbies de l’élevage et du transport

Bien que le texte de la Commission soit perfectible, il comporte certaines avancées qui renforceraient concrètement la protection des animaux en cours de transport.

Welfarm souhaite que le Conseil de l’UE et le Parlement adoptent le texte sans délai afin de mieux protéger les animaux en cours de transport. L’UE doit également mettre en place des outils de contrôle afin de s’assurer du respect effectif de la réglementation par les acteurs de la filière. Les souffrances inutiles subies par les animaux d’élevage sur les routes européennes doivent cesser !