Export d’animaux vivants : la situation évolue dans plusieurs pays d’Europe

Aux Pays-Bas, la ministre de l’Agriculture Carola Schouten a notamment appelé le Parlement néerlandais à interdire l’importation de veaux depuis l’Irlande, le Danemark, la République Tchèque et les pays baltes. Dans le même temps, les- conditions d’abattage, proprement indignes dans certains pays importateurs, sont pointées du doigt. Ainsi, l’Allemagne a dernièrement refusé le départ d’un camion transportant 132 génisses gestantes à destination du Maroc. Un tribunal a en effet admis que les pratiques d’abattage dans le pays d’arrivée se révélaient particulièrement cruelles. La décision de l’Allemagne, au profit du bien-être des génisses et non d’enjeux économiques, relève de l’inédit.

VERS UNE INTERDICTION EN GRANDE-BRETAGNE ?

Conséquemment au Brexit, la Grande-Bretagne s’émancipe par ailleurs des réglementations européennes sur le libre échange et souhaite interdire l’exportation d’animaux vivants destinés à l’abattage et à l’engraissement depuis l’Angleterre et le Pays de Galles. Au sujet de l’export d’animaux vivants, le secrétaire britannique à l’environnement, George Eustice, a notamment déclaré : « Maintenant que nous avons quitté l’Union européenne, nous avons la possibilité de mettre fin à cette pratique inutile. Nous voulons nous assurer que le stress précédant l’abattage soit épargné aux animaux. » Une consultation conjointe de huit semaines entre l’Angleterre et le Pays de Galles doit préalablement être menée. Consultation qui devra par la suite servir de base aux discussions avec l’Écosse – celle-ci ayant suspendu les exportations de veaux non sevrés depuis son territoire en septembre dernier. Et ce, en raison de conditions de transport susceptibles de nuire fortement au bien-être de ces animaux. Le Gouvernement britannique entreprendrait ensuite de généraliser l’interdiction d’exporter des animaux vivants à l’ensemble de la Grande-Bretagne.

Toutefois, si cette interdiction devait se révéler effective à la fin du processus diplomatique, les exportations se poursuivraient depuis l’Irlande du Nord : la nation continuera à suivre le règlement de l’Union européenne sur le bien-être des animaux en cours de transport. Le Nord de l’Irlande bénéficie en effet d’un protocole particulier pour négocier les termes du Brexit car, lors du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne en juin 2016, cet état a voté en faveur du maintien dans l’Union européenne à une majorité de 55,8 %. Seconde nuance : les exportations de volailles en provenance du Royaume-Uni devraient elles aussi faire exception à la possible interdiction. Ceci très certainement en raison d’importants enjeux financiers – des dizaines de millions de poussins étant exportés chaque année depuis ce territoire. En 2018, cette industrie pesait 139 millions de livres sterling.

QU’ATTEND LA FRANCE ?

Depuis de nombreuses années, Welfarm ne cesse d’alerter le Gouvernement sur les déplorables conditions de transport et d’abattage des animaux exportés en dehors de l’Union européenne. En novembre dernier, nous avons publié trois nouvelles vidéos choc pour dénoncer ce commerce inutile et cruel. Malgré nos cris d’alerte, la France ne semble pas vouloir suivre l’exemple de ses voisins. Néanmoins, face à l’horreur des images que nous avons diffusées, 40 parlementaires français et européens, rassemblés autour de la députée Typhanie Degois, ont réagi et dénoncé l’inertie du Gouvernement dans une tribune publiée par le journal Le Monde. Il est temps de mettre un terme aux souffrances des milliers d’animaux exportés chaque année depuis la France et d’opérer une transition vers le transport de viande et de carcasses. Plus urgent encore, notre Gouvernement doit impérativement suspendre les exportations d’animaux vivants en dehors des frontières de l’Union européenne.

> Signez la pétition de Welfarm contre l’export d’animaux vivants sur : www.action-transports.fr

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