Welfarm et l’OABA ont assigné la société LDC, leader français de la volaille, devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris afin de faire cesser l’utilisation du logo « Bien-être animal – Filière agricole engagée ». Nos deux associations estiment que ce logo est susceptible d’induire les consommateurs en erreur quant aux conditions réelles d’élevage des animaux.

Dans le cadre d’une action en référé, Welfarm et l’œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) demandent au tribunal judiciaire de Paris de constater l’existence d’un trouble manifestement illicite résultant de l’utilisation du logo « Bien-être animal – Filière agricole engagée » et d’ordonner au groupe LDC de cesser toute nouvelle apposition du logo litigieux.
Une première audience doit se tenir le 18 décembre 2026 à 13h30 au tribunal judiciaire de Paris.
Le logo de LDC, une démarche marketing outrancière
Lancé le 9 septembre 2026 à l’initiative de la société LDC, le logo « Bien-être animal – Filière agricole engagée » s’accompagne d’un site Internet dédié et a fait l’objet d’une campagne publicitaire nationale à grande échelle. Depuis la mi-septembre, le logo est progressivement apposé sur les emballages de viande de poulet commercialisée sous les marques Le Gaulois et Maître Coq.
La communication de LDC laisse entendre que les produits arborant ce logo offrent des garanties substantielles en matière de bien-être animal. Or, le référentiel associé au logo autorise des pratiques intrinsèquement incompatibles avec l’allégation affichée.
Poulets à croissance rapide et densités élevées
En particulier, le cahier des charges permet des densités d’élevage pouvant atteindre 38 kg/m2, soit environ 19 poulets par mètre carré, et ne prévoit aucune restriction concernant l’utilisation de souches à croissance rapide. Ces deux pratiques sont pourtant reconnues comme portant atteinte au bien-être des poulets.
Welfarm et l’OABA considèrent dès lors que l’utilisation de ce logo est notamment susceptible de constituer une pratique commerciale trompeuse, et par conséquent un trouble manifestement illicite, en créant dans l’esprit du consommateur une perception erronée des conditions d’élevage réelles des animaux dont sont issus ces produits.
Un logo trompeur pour le consommateur
Pour Welfarm, un logo faisant valoir le bien-être animal ne peut pas être apposé sur des produits issus de poulets à croissance rapide et élevés à de fortes densités, sans tromper ouvertement les consommateurs.
Dès le 14 septembre, Welfarm et trois autres organisations de protection animale ont dénoncé publiquement la référence abusive au bien-être animal du logo créé par LDC. Nous avions transmis un signalement à la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) en attirant son attention sur le risque de tromperie du consommateur.
Le logo continuant d’être largement déployé sur des produits de la société LDC et l’utilisation du logo ayant vocation à s’étendre, Welfarm et l’OABA considèrent que la voie judiciaire est aujourd’hui le seul moyen d’obtenir rapidement l’examen de ce dossier et l’arrêt de la pratique contestée.
