ÉTATS GÉNÉRAUX DE L’ALIMENTATION : un bilan mitigé pour les animaux

700 personnes, 14 ateliers, 17 000 contributions à la consultation publique… sur le papier, les États généraux de l’alimentation sont une réussite. Pour ce qui est des mesures concrètes en faveur du bien-être des animaux d’élevage, le bilan reste assez mitigé. WELFARM salue certains objectifs annoncés dans les plans de filières remis au gouvernement à l’issue de ces États généraux : celui de multiplier par deux la production de lait bio en 5 ans ou de passer de 3% à 40% de viande bovine Label Rouge sous 5 ans et de doubler la production de viande bovine bio et de viande ovine sous Bio, Label Rouge et IGP.

« La plupart des filières prévoient d’aller plus loin dans la segmentation du marché, ce qui correspond au souhait formulé par WELFARM lors de ces États généraux, constate Ghislain Zuccolo, Directeur Général de WELFARM, cependant, on sent une forte volonté de maintenir deux types d’agriculture : l’une qui respecte des critères plus exigeants en matière de bien-être animal et qui correspond mieux aux attentes sociétales, l’autre qui garantit un niveau de qualité standard en s’appuyant sur le mode d’exploitation intensif auquel WELFARM est fermement opposé ».

 Lors de son discours de clôture, le Premier ministre Édouard Philippe a également annoncé qu’en cas de procédure à la suite de mauvais traitements, les ONG pourraient désormais se porter partie civile au titre du Code rural et de la pêche maritime. La sanction en cas de non-respect des règles de bien-être animal passera de 6 à 12 mois d’emprisonnement et de 7 500 à 15 000 euros d’amende. Si le délit de maltraitance sera étendu aux transports des animaux et à leur abattage, WELFARM déplore que la vidéosurveillance obligatoire en abattoir n’ait pas été retenue.

A l’issue de ces États généraux de l’alimentation, certains points inquiètent cependant WELFARM :

  • Lors de l’inauguration de ces Etats Généraux, Emmanuel Macron avait annoncé la fin des œufs de poules en cage d’ici 2022. Un engagement qui n’apparait pas dans le plan de la filière « œuf » 
  • De manière générale, les filières misent sur une augmentation des exportations, notamment d’animaux vivants. Cela implique leur transport sur de longues distances, ce à quoi WELFARM reste fermement opposé. 

Reste l’étiquetage du mode d’élevage et d’abattage. Le Premier ministre a annoncé qu’une expérimentation serait conduite sous l’égide du Conseil national de l’alimentation (CNA). Si cette annonce est encourageante, elle reste pour l’heure très floue. Sur ce point, les attentes des consommateurs sont pourtant très claires : sur les 17 000 propositions émises lors de la consultation publique, c’est l’étiquetage obligatoire des modes d’élevage et d’abattage pour tous les produits carnés, laitiers et ovoproduits qui a remporté le plus de suffrages. La deuxième mesure la plus plébiscitée par les internautes est l’arrêt des cages pour les poules pondeuses. Deux propositions qui se classent loin devant la nécessité de sortir du glyphosate ou de lutter contre le gaspillage alimentaire. Le message envoyé aux professionnels de l’élevage et aux politiques est donc limpide : le respect du bien-être animal est désormais une préoccupation majeure pour les consommateurs. Il devrait donc tenir une bonne place dans les 5 milliards d’euros promis par le président Macron pour la modernisation et la transition écologique de l’agriculture française.

 

 

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