Alors que l’enquête publique préalable a récolté plus de 20 000 contributions – un record pour ce type de consultation – dont 98 % d’avis négatifs, la manifestation qui a eu lieu le 18 janvier au Verdon-sur-Mer contre la construction de la ferme-usine de Pure Salmon a réuni près de 800 personnes.

C’est une véritable marée humaine qui a déferlé dimanche 18 janvier 2026 sur le port de la petite commune du Verdon-sur-Mer, en Gironde. Riverains, collectifs locaux d’opposition, et associations, dont Welfarm, s’étaient donné rendez-vous pour dire non au projet d’élevage hyper-intensif de saumons que l’entreprise Pure Salmon souhaite implanter sur la commune. Au total, près de 800 personnes étaient présentes, dans une ambiance militante et festive.
Des riverains attachés à leur territoire et désireux de préserver l’estuaire de la Gironde – dernier grand estuaire sauvage d’Europe –, mais aussi des marins pêcheurs, dont l’activité est tributaire de la qualité des eaux de l’estuaire, ont donné de la voix pour manifester leur opposition au projet de l’entreprise Pure Salmon, qui n’a rien de médocain. Rappelons que cette entreprise est basée à Abou Dhabi et financée par des investisseurs singapouriens.
Un modèle délétère pour le bien-être des saumons
Il était important pour Welfarm de porter la voix des animaux dans ce concert de protestations. En effet, ce projet représente le pire de l’élevage intensif, qui considère les animaux comme de simples outils de production, au mépris des souffrances que cela peut leur occasionner. Deux ans à tourner en rond dans des bassins surpeuplés, dans une eau chimiquement contrôlée : voilà à quoi ressemblera la vie des saumons de Pure Salmon.
La date retenue pour la manifestation ne doit rien au hasard, puisqu’il s’agissait de la veille du jour de clôture de l’enquête publique locale sur le projet Pure Salmon. Cette enquête publique, obligatoire avant de délivrer une autorisation administrative d’exploitation, avait été ouverte par la préfecture de la Gironde le 15 décembre 2025.
Un rejet massif du projet de Pure Salmon
Début janvier, nous vous avions appelé à participer à cette consultation et vous avez été nombreux à répondre présent. Plus de 20 000 contributions ont été déposées. Il s’agit d’un niveau de participation jamais atteint en France pour ce type d’enquête publique. Et le verdict est sans appel : 98 % des avis déposés sont défavorables. Merci à toutes et tous d’avoir ainsi manifesté votre opposition à ce projet destructeur !
Mais le combat continue ! Le 20 janvier nous étions à l’Assemblée nationale aux côtés de parlementaires et de quatre autres ONG pour une conférence de presse. L’objectif de ce point avec les journalistes était d’alerter les responsables politiques sur l’urgence de bloquer le projet de Pure Salmon et de relancer notre demande de moratoire de dix ans sur les installations piscicoles en circuit fermé intégral (dites « élevages en RAS »). Dix ans pour réaliser des études d’impact, analyser les bénéfices et les coûts de ce nouveau type d’installation, en application du principe de précaution.
103 députés ont déposé une proposition de loi transpartisane visant à instaurer un tel moratoire en mars 2025. Il y a aujourd’hui urgence à trouver un créneau dans l’agenda parlementaire pour examiner le texte.
Agir en modifiant ses habitudes de consommation
Alors qu’il était cantonné aux tables de fêtes au XXe siècle, le saumon s’est démocratisé et fait désormais partie du quotidien. La France représente aujourd’hui le 2e pays consommateur de ce poisson.
Les projets de fermes-usines tels que celui de Pure Salmon se nourrissent de cette demande exponentielle. En revanche, une baisse de la consommation amènerait sans doute à reconsidérer la rentabilité – déjà non avérée – de ces fermes-usines. Et si nous questionnions collectivement nos habitudes de consommation pour infléchir cette courbe ascendante ?
