La Commission européenne doit agir pour interdire l’élevage d’animaux à fourrure

Un nouveau rapport révèle qu’une suppression progressive des élevages d’animaux à fourrure dans l’Union européenne coûterait bien moins cher que de subventionner des nouvelles normes de bien-être animal dans ces élevages. Alors que la Commission européenne s’était engagée à se prononcer avant mars 2026 pour une interdiction ou pour l’adoption de normes plus strictes, six mois plus tard, aucune annonce n’a été faite.

Vison en cage
© Rokas

Un rapport publié le 23 septembre 2026 par l’économiste Griffin Carpenter estime que la suppression progressive sur cinq ans des derniers élevages d’animaux à fourrure de l’Union européenne (UE) coûterait environ 144 millions d’euros, alors que la facture liée à la mise en œuvre de nouvelles normes de bien-être animal s’élèverait à une somme comprise entre 201 et 920 millions d’euros.

Dès lors, pourquoi continuer à financer une industrie génératrice de souffrance animale, d’autant que la modification des normes ne saurait résoudre les problèmes de bien-être animal liés à l’élevage d’espèces sauvages en cages ?

En effet, dans une étude parue en juillet 2025, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a conclu qu’il n’y avait pratiquement aucun moyen d’améliorer les conditions d’élevage des visons, des renards, des chiens viverrins et des chinchillas détenus dans les fermes à fourrure de l’UE.

Des eurodéputés font pression sur la Commission

Selon le site d’information Euractiv, des eurodéputés de tous bords politiques sont montés au créneau afin de demander, par le biais de deux courriers, à la Commission européenne de proposer une interdiction à l’échelle de l’UE de l’élevage d’animaux à fourrure.

En 2023, l’initiative citoyenne européenne « Pour une Europe sans fourrure » avait recueilli plus de 1,7 million de signatures pour l’interdiction de cette pratique. Suite à cette mobilisation, la Commission européenne s’était engagée à annoncer d’ici mars 2026 si elle proposerait une interdiction ou un relèvement des normes de bien-être animal.

Six mois plus tard, aucune annonce n’a été faite à ce sujet.

22 États membres ont déjà interdit, totalement ou partiellement, ou sont en train d’interdire l’élevage d’animaux à fourrure. Il est grand temps que l’exécutif européen prenne ses responsabilités et écoute la voix des citoyens et l’avis des scientifiques. Seule une interdiction pure et simple de l’élevage d’animaux à fourrure à l’échelle de l’Union pourra mettre fin durablement aux souffrances subies par des millions d’animaux.